lundi 4 juin 2012

Mes lectures de mai 2012


Ce mois-ci,  j'ai lu  six romans, une biographie, un journal intime, une pièce de théâtre, un recueil de nouvelles et six BD. Un rythme normal avec seulement quatre déceptions.
  1. Charles Bukowski, Une vie de fou par Howard Sounes: une belle biographie qui m’a particulièrement frappée.
  2. Chevalier de l’ordre du mérite de Sylvie Testud, - J'aurais dû zapper.
  3. L'éventail de Carlo Goldoni,  - Pièce de théâtre amusante à lire.
  4. Les heures silencieuses, Gaëlle Josse,  Délicieux  premier roman d’une auteur douée.
  5. Journal impoli de Christian Millau. Un siècle au galop 2011-1928,  C'est avec délice que j'ai lu ce journal intime d'un écrivain connu surtout  comme journaliste gastronomique.
  6. Night School, T1, de C.J. Daugherty,  je me suis laissée prendre à ce récit  sans un seul moment d’ennui.
  7. Louis Guilloux - La maison du peuple, un récit d’enfance tendre et chaleureux sur fond de misère sociale à Saint-Brieuc, dans les premières années du XXe siècle.  Le style est  d’un classicisme très efficace.
  8. Un éclat minuscule de Jean-Baptiste Gendarme,  voilà un roman que je n’ai pas aimé:  il me tombait des mains ou me faisait dormir,  bref il m’a  ennuyée.
  9. Vengeance à froid de Preston & Child,  Pas le temps de trop réfléchir. Il faut suivre … Je me suis juste  essouflée. 
  10. Joyce Carol Oates – Le musée du docteur Moses:  Ce ne sont que des nouvelles mais c'est du grand Oates! A lire.

  1. Blast,1, Grasse carcasse, de Manu Larcenet,  Sans aucune surprise, j'ai beaucoup aimé.
  2. Bobi de Georges Bess, C’est une énigme que cette BD. J’ai beaucoup aimé la première partie. La suite m’a semblé beaucoup plus hermétique.
  3. Far Away de Maryse et Jean-François Charles, Gabriele Gamberini. J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette romance plein de bons sentiments.
  4. La mort dans l'âme de Sylvain Ricard et Isaac Wens,  Ce n'est pas un plaidoyer, juste un constat sur le thème du dernier âge. J'ai apprécié
  5. Will Eisner, Le Building,   Délicieuse succession d’histoires de vies quotidiennes et banales d’un temps passé qui se poursuivent sans cesse au même endroit, devant un nouvel immeuble new yorkais. J’ai beaucoup aimé ce roman graphique en quatre vies. 

dimanche 3 juin 2012

La rose d'Odilon Redon. Bonne fête maman, je ne t'oublie pas.

Doodle fête des mères, en juin cette année


Pour nos mères nous restons toujours des enfants.

Joli Doodle enfantin pour la fête des mères, en juin,  cette année  et non le dernier dimanche de mai comme d’habitude,  pour ne pas coïncider avec la Pentecôte

Devenue trop commerciale pour beaucoup, cette fête vient cependant d’une très ancienne tradition.
On en retrouve des traces  dans la Grèce antique avec les cérémonies printanières de Rhéa – ou Cybèle - la grande mère des dieux.
En Asie mineure, ce culte était célébré aux Ides de mars.
A Rome, le 1er mars, premier jour de printemps chez les Romains,  on célébrait les matrones,  lors des Matronalia.
(Wikipedia en dit plus) 

samedi 2 juin 2012

Mes envies du moment

Il fait beau en région parisienne et je m'accorde un tour dans les quelques librairies indépendantes que je connais. C'est la joie! 
Ce ne sont pas les envies qui me manquent, bien au contraire! Une fois de plus, il va falloir choisir et en oublier quelques-unes. 

Tout d'abord, je voudrais lire Karoo, de Steve Tesich  et ça,  depuis que j'ai vu la dernière émission de La Grande Librairie, jeudi dernier. Ce n'est même plus une envie à ce stade-là d'impatience, c'est un besoin! Comment résister en effet si on me parle à son sujet de Philip Roth,  Easton Ellis, Richard Russo et Saul Bellow? 
Que sais-je de ce roman pour l'instant, à part l'unanimité des libraires présents sur le plateau pour choisir les livres à emporter en vacances? 
C'est un livre achevé quelques jours avant la mort de cet auteur hors norme qu'était Steve Tesich (1942-1996). C'est une véritable odyssée, d'un humour fou avec un héros, cynique au possible, à découvrir. 
Voici ce qu'en dit un de ses lecteurs, Mikaël Demets, ICI:  Sombre au-delà du possible, la prose limpide et enjôleuse de Karoo transforme chaque instant, même une petite minute à attendre un interlocuteur au téléphone, en une expérience fascinante. Six cents pages, pas un mot de trop.
Lily (So many books, So little time...) en parle très bien aussi  ICI, ainsi qu'Audrey (Les plumes d'Audrey) ICI

Ensuite ce sera Thérapie de Fitzek, pour une seule bonne raison qui vaut toutes les autres: une amie très chère du temps où nous étions étudiante à Rennes  me l'a conseillé, par-delà les continents  et les années qui nous séparent désormais.
Résumé de l'éditeurJosy, douze ans, la fille du célèbre psychiatre berlinois Viktor Larenz, est atteinte d'une maladie qu'aucun médecin ne parvient à diagnostiquer. Un jour, après que son père l'a accompagnée chez l'un de ses confrères, elle disparaît. Quatre ans ont passé. Larenz est toujours sans nouvelles de sa fille quand une inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel, romancière, prétend souffrir d'une forme rare de schizophrénie : les personnages de ses récits prennent vie sous ses yeux. Or, le dernier roman d'Anna a pour héroïne une fillette souffrant d'un mal étrange, qui s'évanouit sans laisser de traces... Le psychiatre n'a dès lors plus qu'un seul but, obsessionnel: connaître la suite de son histoire.
Beaucoup de blogs l'ont déjà présenté: Liliba, Cajou, Yspaddaden, L'or des chambres et bien d'autres...



Enfin,parce que j'ai beaucoup aimé son Journal précédent, je voudrais lire la suite dans Carnet de notes , Journal, 2001/2010 de Pierre Bergounioux
Pour des raisons qui touchent à mes origines, à ma destinée, j’ai ressenti le besoin d’y voir clair dans cette vie. La littérature m’est apparue comme le mode d’investigation et d’expression le moins inapproprié. Elle est porteuse, comme l’histoire, comme la philosophie, comme les sciences humaines, d’une visée explicative, donc libératrice. Elle peut descendre à des détails que les discours rigoureux ne sauraient prendre en compte parce qu’il n’est de  science que du général. P. B.


En attendant, je me régale avec  Le Carnet de la mathématicienne de Michelle Richmond.
A peine reçu de Masse Critique, à peine ouvert, à peine  lu les premières lignes et hop, j'abandonne tout ce que j'avais en cours et je plonge dans cette histoire de sœurs,  encore une fois, dont une très douée  en recherches mathématiques mais assassinée.
C'est extra pour le moment et j'espère que ça le restera jusqu'à la fin.
Cathulu, et  Clara en ont déjà  parlé.

Et pour finir,une pensée de Paulhan qui m'amuse: juste ou  pas?
Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible, on la lit beaucoup. Et la bonne, qui ne se lit pas.

vendredi 1 juin 2012

Arsène Lupin - Le bouchon de cristal – Maurice Leblanc, Blogoclub

En voulant cambrioler la villa du banquier et député Baubrecq, Arsène Lupin  voit son plan s’effondrer. Un domestique de la maison a été tué par un de ses complices lui-même gravement blessé.  L’autre, Gilbert, le plus jeune, est arrêté mais il a eu le temps de glisser un bouchon de cristal à Lupin. Les deux complices risquent l’échafaud. Lupin, dès lors, n’a plus qu’une idée en tête,  défendre Gilbert qui est innocent du crime dont on l’accuse  et empêcher son exécution. Pour cela il doit découvrir le secret du bouchon de cristal qui contient un document compromettant pour  le fameux banquier. Mais  ce bouchon lui a été dérobé le soir même .Où donc se trouve-t-il désormais? 

L’intrigue est plutôt mince et le récit consiste en une série de poursuites en voitures ou en chemins de fer, en menaces, en bagarres, en chantages, bref, tout ce qui fait le charme des Arsène Lupin. Rebondissements et  retournements de situations sont bien au rendez-vous, comme il se doit. Lupin est toujours aussi malin, roublard, insolent et  séducteur  que d’habitude. La nouveauté est que cette fois, il est peut-être vraiment amoureux, du moins dans la mesure où il peut l'être et le temps d'une intrigue à résoudre, d'ailleurs il se marie à la fin mais je ne dirai pas avec qui ni pourquoi. J'ai au moins souri en découvrant la vérité. 
Naturellement, même aux pires moments, je savais qu’Arsène Lupin gagnerait la partie.  Sans doute est-ce pour cela que je n’ai pas eu peur comme j’aurais dû en lisant un policier.
Je suis à la fois surprise et déçue de n’avoir pas aimé cette lecture outre mesure. Je l’ai trouvée fade, légèrement ennuyeuse.  Il est vrai qu’en matière de bons policiers, j’ai été servie ces derniers mois! 

 Remarques: Ce roman parut en feuilleton dans Le Journal, de septembre à novembre 1912. Le volume sortira en librairie dans la foulée. Maurice Leblanc s'est inspiré dans ce roman du célèbre scandale de Panamá (1892-1893). Il emprunte par ailleurs à la nouvelle La Lettre volée d'Edgar Allan Poe l'idée consistant à mettre très en évidence l'objet que l'on veut cacher (Wikipedia)
Arsène Lupin - Le bouchon de cristalMaurice Leblanc (1864/1941) (Poche, 286 pages) Blogoclub de Sylire et de Lisa;

jeudi 31 mai 2012

Abandons de mai 2012

Hélène, (Lecturissime)  ce matin, ICI,  me rappelle une bonne idée: celle de regrouper en fin de mois ces livres pour lesquels je ne fais pas toujours  de billets parce que trop décevants ou  abandonnés en cours de route pour diverses raisons. Il y en a eu plusieurs ce mois-ci dont certains traînent encore sur ma table.

Supplément à la vie de Barbara Loden de Nathalie Léger (P.O.L, 2012, 150 p.) Barbara Loden ( 1932/1980)  est une actrice, la deuxième femme d'Elia Kazan,  qui ne joua qu'un seul rôle important au cinéma, celui qu'elle se donna en tant que réalisatrice, celui de  Wanda une mère de famille qui fit de la prison après un braquage. Ainsi résumé, ce récit pouvait me plaire. Hélas, je me suis vite perdue dans les méandres d'une  ambition  trop démesurée et qui m'a semblé vaine surtout. La romancière  s'est compliqué la vie en voulant trop bien faire sans doute et mon plaisir de lectrice s'en est trouvé anéanti. 

Voici son propre résumé à la page 82:
Résumons. une femme contrefait une autre écrite par elle-même à partir d'une autre( ça, on l'apprend plus tard), jouant autre chose qu'un simple rôle, jouant non pas son propre rôle, mais une projection de soi dans une autre interprétée par soi-même à partir d'une autre.
Ouf!  Après quoi, j'ai abandonné.  Je ne suis ni masochiste ni étudiante pour me  casser la tête ainsi!

La onzième heure de Isabelle Pestre (Belfond, septembre 2011,188 p)
"Premier roman initiatique évoquant Le Clézio, (Le désert) où l'indicible est décrit avec précision et acuité." ai-je lu quelque part.
L'auteur, mère de cinq enfants,  a 36 ans et  vit à Versailles.
Le récit est celui des malheurs de Lisbeth, rejetée par ses parents car lourde et passive et confiée à onze ans,  lors d'un séjour à la mer, à la garde d'une baby-sitter qui la délaisse pour son petit ami.  Elle se confie alors à un Albanais immigré qui ignore sa langue mais l'écoute jusqu'au drame.
Catastrophique! Dans les deux sens du terme! J'ai préféré en rire, n'ayant pas trouvé  cela crédible - ou  parce que trop grotesque ou trop  cliché, bref pas convaincue la lectrice - du tout - sauf au début: ça partait bien mais après...! Désolée  Clara et  Hérisson,

Bon, j'en ai quelques autres encore que j'ai laissé tomber ainsi  en cours de route mais je me lasse. J'hésite: ne vaut-il pas mieux passer sous silence  un livre qu'on n'aime pas plutôt que d'en dire du mal? Entre les deux attitudes mon cœur  balance toujours. Une vérité demeure: j'éprouve un plus grand plaisir à faire les éloges d'un roman qui m'a plu que de descendre un récit qui m'a ennuyée.

C'est ainsi que j'arrête là car revenir sur ce que je n'aime pas me gâche le moment présent. Alors à quoi bon?  Après tout, je ne suis pas critique de profession -  pour mon plus grand plaisir  d'ailleurs! Personne ne m'oblige!

Les prix littéraires du Festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo, 2012,

Ont obtenu un Prix au Festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo

Jean Rolin,  pour le caractère maritime de l'ensemble de son œuvre. Son prochain roman: Vu sur la mer est à paraître  bientôt. (la Table Ronde).

Roland C. Wagner,  Rêves de Gloire (SF), (éditions de l'Atalante).

John Vaillant,   Le Tigre, (Noir sur blanc), une histoire de survie dans la Taïga. Auteur américain , reporter.

Marie-Claire Bancquart, Prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre

Libar Fofana,  l’Etrange rêve d’une femme inachevée  (Gallimard), le récit de deux sœurs siamoises. Auteur guinéen

Rithy Panh,  l’Elimination, (Grasset). L'auteur est un survivant du  génocide cambodgien.

A l'année prochaine! Site du festival: ICI,  pour voir les autres nombreux Prix et pour le GPI 2012 (Grand Prix de l'Imaginaire), c'est ,

Maurice Leblanc, Le bouchon de cristal, Extrait

Extrait d’une de mes lectures du moment  (Pour le Blogoclub de demain) 
Tonnerre de malheur! s’exclama-t-il, incapable de maîtriser plus longtemps la rage qui bouillonnait en lui depuis deux heures, tonnerre de nom d’un chien, je n’en finirai donc pas avec cette histoire-là!
Et au fond de lui, grandissait peu à peu une peur obsédante de l’avenir. Une date luisait devant ses yeux, la date effroyable qu’il assignait inconsciemment à la justice pour faire son œuvre de vengeance, la date à laquelle, par un matin d’avril, monteraient sur l’échafaud deux hommes  qui avaient marché à ses côtés, deux camarades qui subiraient l’épouvantable châtiment
(La guillotine fonctionna pour la dernière fois en France en 1977. La peine de mort fut abolie en 1981.)
Arsène Lupin. Le bouchon de cristal. (1912)  Maurice Leblanc (1864/1941) (p.47/48, Poche, 1965, 286 pages) 

mercredi 30 mai 2012

Blast, 1, Grasse carcasse, de Manu Larcenet, ma BD du mercredi


Il était temps pour moi de lire cette série encensée par tous les amateurs de BD. Dans les trois bibliothèques que je fréquente, je n’ai réussi à trouver que le premier tome. Signe d’un succès constant, paraît-il!

Tout d’abord, en feuilletant l’album, mes impressions sont contradictoires. Les couvertures recto verso ne m’attirent pas.  Elles mettent en valeur une alternance de portraits en couleurs et de paysages gris où des personnages nous tournent le dos. 
En revanche à l’intérieur, les planches, en noir et blanc, parfois ponctuées de rares dessins d’enfants  en couleurs, me plaisent car elles sont du genre silencieux, bien aérées. Les cases sont larges,  classiquement ordonnées donc faciles à lire. 
L’histoire est celle de l’interrogatoire d’un homme accusé d’un crime horrible commis sur une femme nommée Carole dont on ne saura rien. Cet homme, Polza Mancini,  est obèse, chauve et laid, une grasse carcasse. Les deux policiers qui tournent autour de lui  sont des maigrichons, qui croient d’emblée bien le connaître: 
Ça fait longtemps qu’on est après toi, Polza… On a beaucoup bossé. Alors si tu déformes la réalité pour qu’elle aille dans ton sens, on le saura immédiatement…De mon point de vue, t’es juste qu’un ivrogne qui se donne des excuses de poète.
 Ce à quoi Polza répond,  et ce sont ses dernières paroles ici:
La vérité est plus facile à dire qu’à entendre
 En finissant ce tome, je ne suis pas tellement avancée sur le personnage central qui se dit écrivain, mal dans son corps  qui a rompu avec sa vie d’avant à la mort de son père squelettique. Quittant sa femme, la gentille Sylvie, son travail, il ne garde rien, devient clochard, s’enfonce dans la forêt, fait de drôles de rencontres, mais surtout il boit et rencontre le blast cet état second qui le rend léger et heureux, pendant lequel  il voit le Moaï, une statue de l’île de Pâques. On le retrouve dans un hôpital psychiatrique d’où il s’évade. Pour se retrouver devant ces deux policiers. 
Qui est–il vraiment?  Sans aucune surprise, j'ai beaucoup aimé, comme tous ceux qui l'ont déjà lu - ou presque...voir Brize)
Lecteurs de la BD du mercredi qui l'ont commenté:  Noukette, Sara,  Mo', Choco, Val, Yaneck,  Ys
Brize   Stephie,  (Est-ce que j'en oublie?)
Site de l'auteur ICI,
Blast, 1, Grasse carcasse de Manu Larcenet, (Dargaud, 2009, juillet 2011, 204 pages) Dessins d’enfants de Lille et Lenni.


Alex, Amandine,  Arsenul,   Benjamin, Carole,  choco,  Chrys,  Delphine, Didi,  Dolly,  



Margotte, Marguerite,  Marie,  Marion,  Mathilde, Mélo, 


Noukette,    OliV', Pascale, Paulinelit,  Sandrounette,  Sara,  Sofynet,  Soukee,  Theoma, 

Valérie, Sophie/Vicim,  Syl,  Vero, Wens,  Yaneck,  Yoshi73,  Yvan Mr Zombi 32 octobre,

Je participe aussi au Top BD de Yaneck (19/20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'






mardi 29 mai 2012

Décès de Muriel Cerf

Je viens d'apprendre ce matin que Muriel Cerf (1950/2012)  est décédée à Anet (Eure-et-Loir) il y a une dizaine de jours, le samedi 19 mai, d'un cancer. Elle avait 61 ans. 
Elève de l'Ecole du Louvre, auteur  d'une trentaine de livres dont  "L'Antivoyage",  qui l'a rendue célèbre dans les années 1970, elle a eu les jambes brisées dans un accident mais a continué  à écrire jusqu'à son dernier livre sur Bertrand Cantat  qui a suscité la polémique. Video ICI 

C'est une romancière  qui m'avait impressionnée par quelques-uns de ses livres, dont Une passion et par ses passages dans des émissions de télévision où elle apparaissait toute menue et l'air si fragile... mais dès qu'elle racontait ses voyages  en Asie et en Inde en particulier, elle semblait s'illuminer. Dans mon souvenir,  elle parlait d'un prince qui aurait voulu la garder pour lui mais aussi de mendiants et de liberté. C'était la grande époque des hippies, des drogues douces et des fleurs dans les cheveux...
C'est une nouvelle triste.  Je ne l'ai pas assez lue.

Quelques-uns de ses livres sont actuellement disponibles 
Le diable vert (Actes sud) ;
Les rois et les voleurs (Actes sud) ;
La petite culotte (Actes sud) ;
Ils ont tué Vénus Ladouceur (Le Rocher) ;
Une vie sans secrets (Le Rocher).

Mais on peut aussi trouver avec un peu de chance:

lundi 28 mai 2012

"Et quand je pense qu'après ma mort," ... Charles Bukowski, son chat, sa femme.

Et quand je pense qu’après ma mort,
Il y aura encore des jours pour les autres, d’autres jours,
D’autres nuits.
Des chiens en maraude, des arbres tremblants dans
Le vent.

Je ne laisserai pas grand-chose.
Quelque chose à lire, peut-être.

Un oignon sauvage sur la route
Ecœurée.

Paris dans le noir «Une Nouvelle Guerre».  Biographie de Charles Bukowski, Une vie de fou par Howard Sounes.
Photo: Bukowski et son chat. Qui s'en est occupé après lui? Sa fille Marina? Sa femme, Linda Lee?

Charles Bukowski, Une vie de fou par Howard Sounes

Charles Bukowski (1920-1994) demeure l'un des auteurs américains les plus marquants de la fin du XXe siècle. Révélé au début des années soixante-dix par son roman Le Postier et son Journal d'un vieux dégueulasse (en France, il faut attendre 1978 et son scandale à Apostrophes), il devint l'une des icônes de la littérature américaine, dont l'influence sur ses pairs sera considérable et dépassera largement le milieu littéraire. Alcoolique, provocateur et punk avant l'heure, il fit de sa vie et de ses frasques la matière d'une oeuvre romanesque et poétique largement autobiographique.
Le journaliste anglais Howard Sounes a mené une véritable enquête, longue de plusieurs années, auprès de la famille, des proches, des amis et des maîtresses de Bukowski pour écrire cette biographie de référence. De l'enfance sous la coupe d'un père violent aux années de vaches maigres, d'alcool et de petits boulots, des premières publications poétiques au succès international qui le mènera jusqu'à Hollywood, il retrace la vie d'un homme convaincu très jeune, envers et contre tout, de sa vocation d'écrivain. Il livre aussi beaucoup de révélations sur les débuts de la carrière littéraire de Bukowski, ou encore sur sa première compagne, Jane Cooney Baker, qui servit de modèle au personnage de Wanda, interprété par Faye Dunaway dans le film Barfly.

(Faye Dunaway, Bukowski, Mickey Rourke)
Riche d'une profusion de textes, lettres et photographies inédits, de témoignages de personnalités tels Norman Mailer, Allen Ginsberg, Sean Penn, Mickey Rourke ou encore Robert Crumb, cette passionnante biographie se dévore comme un roman de Bukowski, cru et excessif, cocasse et émouvant. (4e de couverture)

Que m’a appris cette biographie qui m’a particulièrement frappée ? Son enfance et sa jeunesse ont été solitaires et difficiles en raison de la sévérité de son père et d’une acné plus importante que les autres avec de grosses pustules sur le visage, ce qui le maintenait à l’écart des autres et surtout des filles qu’il mit très longtemps avant d’approcher. Il a souffert  alors d’un fort sentiment d’exclusion. Il haïssait ses camarades plus chanceux que lui tout en se promettant de devenir un jour comme eux. 

Son sanctuaire était la bibliothèque municipale de Los Angeles autant parce qu’elle était fréquentée par de nombreuses filles  que pour y lire tous les livres qu’il désirait. C’est ainsi qu’il tomba sur un ouvrage qui eut sur sa vie une influence décisive: le roman de John Fante:  «Demande à la poussière» (Ask the Dusk), un livre  écrit dans un style saisissant, lucide, sans fioritures, composé de courts chapitres et de courts paragraphes. Le sujet surtout retint son attention. " Le héros, Arturo Bandini, est un apprenti écrivain de vingt ans, fils d’immigrés italiens. Il se sent en marge de la société. Il voudrait écrire sur la vie et l’amour, mais il sait qu’il manque d’expérience. Aussi décide-t-il  d’aller vivre dans un hôtel miteux  dans un quartier populaire de Los Angeles où il rencontre une très belle jeune femme dont il tombe aussitôt amoureux."
 Dès cette lecture,  Bukowski prend l’habitude d’aller lire au pied  des hôtels meublés décatis de sa ville, s’imaginant faire partie de l’univers de Fante, ce qui l’encourage à écrire. Il avouera:
"Fante était mon dieu. Encore aujourd’hui son influence continue à s’exercer sur mon style."
 Parmi les dix ou douze autres romans qui ont eu une influence durable sur lui, il y a encore: La faim de Knut Hamsum dont le héros plein d’illusions est sauvé par la littérature  et Mémoires écrits dans un souterrain de Dostoïevski où le narrateur se juge hideux tout en brûlant d’être aimé. "Voyage au bout de la nuit" de Céline fait aussi partie du lot.   C’était dans les années  de guerre 1940/42, quand il traversait l'Amérique d’est en ouest en autocar et en train en compagnie parfois de vagabonds du rail.

 (Sa machine à écrire, cadeau de ses parents pour ses études mais quand son père s'aperçut qu'il s'en servait pour écrire des nouvelles, il la jeta dans le jardin avec les manuscrits et les vêtements de son fils.)

Je passe sur ses amours nombreuses, douloureuses, ses amitiés et ses beuveries à foison qui lui  ont valu sa réputation sulfureuse qui ne m’intéresse pas vraiment pour  retenir surtout ce qui fait de lui un écrivain conséquent de sa génération: sa langue "débarrassée des affectations, des procédés et des maniérismes qui dominent dans la poésie académique". Son style à lui, c’est  «la langue parlée clouée au papier».

C'est une belle biographie sur un auteur que je connaissais assez peu, en dehors des scandales qu'il a souvent provoqués  dont son expulsion de l'émission de Pivot où il était invité ICI, 
Il me reste quatre chapitres à lire encore sur les 16 du volume.(me souvenir que je me suis arrêtée à la page 235: "Fils d'Europe"). Je compte bien le terminer le plus tôt possible.

Charles Bukowski, Une vie de fou par Howard Sounes, Biographie (éditions du Rocher, 2008, 390 p) Traduit de l’anglais par Thierry Beauchamp
«lorsque vous me verrez sourire dans
ma Volkswagen bleue
accélérant à l’orange
roulant droit dans le soleil
je serai prisonnier des
bras d’une 
vie de fou»

dimanche 27 mai 2012

Comme un fleuve, René Guy Cadou, dimanche poétique

Comme un fleuve s'est mis 
A aimer son voyage
Un jour tu t'es trouvée 
Dévêtue dans mes bras


Et je n'ai plus songé
Qu'à te couvrir de feuilles 
De mains nues et de feuilles 
Pour que tu n'aies point froid


Car t'aimais-je autrement 
Qu'à travers tes eaux vives 
Corps de femme un instant 
Suspendu à mes doigts


Et pouvais-je poser
Sur tant de pierres chaudes 
Un regard qui n'aurait
Eté que du désir ?


Vierge tu réponds mieux 
A l'obscure sentence 
Que mon coeur fait peser 
Doucement sur ton coeur


Et si j’ai le tourment
De ta métamorphose
C’est qu’il me faut aimer
Ton amour avant toi.

 René Guy Cadou ( poète breton, 1920-1951)
(Hélène ou le règne végétal, 1952)
Autre poème sur le blog: Pourquoi n'allez-vous pas à Paris?

samedi 26 mai 2012

Où me mène le hasard matinal, de blog en blog...

Petit tour des blogs ce matin, à défaut d'un billet sur le  livre en cours: une biographie  sur Bukowski  que m'a donné envie de lire mon billet sur Kerouac et plus particulièrement l'exposition et  le film "Sur la route", Ici et , en pleine actualité ces jours-ci. Je mets toujours beaucoup de temps à lire ce genre de livre alors que je dévore les romans!


En passant chez Grillon, un blog que j'admire, je suis tombée sur une analyse de "La laitière" de Vermeer qui m'enchante. C'est une façon de présenter un tableau qui me comble: il y faut une grande attention et surtout beaucoup de sensibilité et de connaissances ainsi qu' une pointe d'érudition sans pédantisme. Un ravissement, ce billet!


 Par un proche, j'ai appris la sortie du livre de Denis Westhoff, le fils de Françoise Sagan qui avait toujours été très discret  jusqu'ici. C'est son premier livre et je compte bien  me le procurer .
Un article du Nouvel Obs  ICI,


Ayant appris la disparition d'une romancière belge dont je n'avais encore jamais entendu parler, Jacqueline Harpman, (1922- 24 mai 2012), j'aimerais lire un de ses livres, en particulier celui sur une mère envahissante: "La fille démantelée". Le trouve-t-on facilement en librairie? Seul billet de blog trouvé ICI,
A suivre si j'en ai le temps.
Bon week end à tous et si possible ensoleillé!